Les légumes et fruits : seuls aliments pouvant être achetés avec des dollaractifs

Comme pour l’Activité Physique, nous reconnaissons tous qu’une Saine Alimentation joue un rôle primordial pour la santé. Par contre, il est plus difficile de la circonscrire.

La première référence qui nous vient à l’esprit est celle du Guide alimentaire canadien qui recommande un apport quotidien dans quatre groupes alimentaires : légumes et fruits, produits céréaliers, laits et substituts, viandes et substituts. On remarque cependant que les trois dernières catégories alimentaires comportent plusieurs restrictions quant à la quantité et la nature des aliments à consommer. Dans un tel contexte, déterminer quels aliments sont admissibles aux dollaractifs devient un exercice extrêmement périlleux. S’ajoutent à ce constat plusieurs écoles de pensée en nutrition ayant chacune des arguments valables et comptant plusieurs adeptes inconditionnels. Par exemple, pour les végétariens, la saine alimentation peut signifier l’exclusion partielle, voire même complète, de certains groupes d’aliments (viande, produits laitiers, œufs, etc.). Pour d’autres, il peut s’agir exclusivement d’aliments biologiques (sans pesticides, antibiotiques et OGM). Certains pourraient aussi considérer que les aliments fonctionnels ou nutraceutiques (ex.: œufs contenant des omégas 3 ou substances isolées ou purifiées comme les isoflavones du soja), ont des bienfaits sur la santé et devraient être partie intégrale d’une saine alimentation. Enfin, certains pourraient revendiquer la présence de certains suppléments alimentaires, comme les vitamines et les minéraux.

Nous avons donc choisi de limiter l’utilisation des dollaractifs à l’achat de légumes et de fruits, un groupe alimentaire reconnu internationalement par tous pour ses bienfaits et son potentiel aidant à diminuer les risques associés à certaines maladies chroniques(1). Les recommandations nutritionnelles des grandes agences de santé publique suggèrent une consommation quotidienne d’au moins cinq portions de légumes et de fruits (400 g au total)(2)(3).

Nous nous engageons donc à promouvoir la consommation de légumes et de fruits en permettant leurs achats avec les dollaractifs.



Encourager le développement des compétences alimentaires et culinaires

On observe dans la population une consommation de plus en plus importante d’aliments transformés et achetés à l’épicerie ou encore préparés dans un restaurant. La perte de notions et d’habiletés culinaires de base serait en partie responsable de cette dépendance.

Selon une définition établie par le Réseau pancanadien de santé publique du Canada(4) l’expression « compétences alimentaires » regroupe les notions suivantes :

  • les connaissances (relatives à l’alimentation, la nutrition, la lecture des étiquettes, la salubrité, etc.);
  • la planification (organisation des repas, budget alimentaire);
  • la conceptualisation (utilisation créative des restes, adaptation des recettes);
  • les techniques (hacher, couper, etc.);
  • la perception des goûts, des odeurs, des textures et autres aspects des aliments.                                                                                

Parmi les causes de cette perte des compétences alimentaires(5) figurent :

  • le manque de temps (travail, activités, etc.);
  • la diminution des occasions d’apprentissage à la maison ou à l’école;
  • l’offre d’aliments bon marché qui sont transformés, pré-préparés, et prêts à manger;
  • l’amélioration des technologies d’entreposage, de préparation et de cuisson des aliments.                                                              

Selon Santé Canada, comparativement aux repas préparés à la maison, les repas prêts-à-manger ou les aliments ultra-transformés contiennent généralement(6)(7): plus de calories, de gras hydrogénés et saturés, de sel, de sucre, d’additifs alimentaires de toute sorte et moins de fruits, de légumes et de fibres.

Plusieurs autorités indépendantes de santé publique ont identifié la hausse de la consommation de repas prêts-à-manger ou prêts-à-cuire comme l’une des importantes causes de la pandémie mondiale de surpoids et d’obésité(8)(9).

Afin d'encourager le développement des compétences alimentaires et culinaires de la population, compétences qui ont un impact reconnu sur les bons choix alimentaires, les dollaractifs peuvent être utilisés pour l’achat de :

  • Cours et livres de cuisine;
  • Consultations avec des diététistes / nutritionnistes accrédités;
  • Services en planification et organisation de repas santé;
  • Menus spécialisés.

 


1. Wang, X., Ouyang, Y., Liu, J., Zhu, M. Zhao, G. Bao, W., Hu, F.B. (2014). Fruit and vegetable consumption and mortality from all causes, cardiovascular disease, and cancer: systematic review and dose-response meta-analysis of prospective cohort strudies. British Journal of Medecine, doi: 10.1135/bmj.g4490.
2. Quebec (2015) Saines habitudes de vue. [En ligne] http://www.saineshabitudesdevie.gouv.qc.ca/index.php?cinq-portions-de-fruits-et-legumes-par-jour-cest-facile.
3. Organisation mondiale de la Santé (2004). Stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé. Promouvoir la consommation de fruits et légumes dans le monde. [En ligne] http://www.who.int/dietphysicalactivity/fruit/fr/.
4. Cathy CHENHALL. Amélioration des compétences culinaires : Synthèse des données probantes et des lec¸ons pouvant orienter l’élaboration de programmes et de politiques, Réseau pancanadien de santé publique, Canada, 2010, p. 15.
5. 
Cathy CHENHALL. Amélioration des compétences culinaires : Synthèse des données probantes et des lec¸ons pouvant orienter l’élaboration de programmes et de politiques, Réseau pancanadien de santé publique, Canada, 2010, p. 15.
6.
Jean Claude MOUBARAC, et collab. « Consumption of ultra­processed foods and likely impact on human health. Evidence from Canada », Public Health Nutrition, décembre 2013, vol. 16, no 12, p. 2240-2248.
7. Julie AUBÉ. « Faites place aux enfants en cuisine », Extenso, 14 novembre 2013. [Consulté le 4 juin 2014].
8. Jean Claude MOUBARAC, et collab. « 
Consumption of ultra­processed foods and likely impact on human health. Evidence from Canada », Public Health Nutrition, décembre 2013, vol. 16, n° 2, p. 2240-2248.
9. UNITED NATIONS STANDING COMMITEE ON NUTRITION. 
Progress in Nutrition. Sixth Report on the World Nutrition Situation, Genève, 2010, chap. 4, p. 83-85. [Consulté le 11 novembre 2014].